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J’utilise la gouache pour traduire l’harmonie chromatique de mes sujets, leur diversité de nuances, la matière veloutée d’un pétale ou la vibration d’une fleur animant la surface blanche de la feuille en coton. Il s’agit de laisser la vie affluer sur le grain du papier tout en favorisant une mise en page épurée.

 


En travaillant à l’encre, je m’intéresse davantage au contraste des valeurs, aux dégradés qui font la transition entre l’obscurité et la lumière. Restreindre ma palette au noir et blanc me permet d’accentuer la linéarité et le volume de l’objet. Cette technique favorise le surgissement des formes.

 


Enfin, mes recherches sur les Correspondances m’ont naturellement conduite vers la calligraphie, mais une calligraphie toute personnelle, figurative, qui se démarque à la fois des calligrammes d’Apollinaire et du traitement abstrait des Ecoles arabe ou chinoise. Lorsque j’utilise ce mode d’expression, l’image prend corps avec le rythme de l’écriture. Rues, corps, visages ne se matérialisent qu’à partir des mots. Je les travaille en noir et blanc ou dans des dégradés de couleurs. Quant aux ombres, elles sont obtenues par couches successives d’écriture. Il existe toujours un lien étroit entre le texte choisi et l’image qu’il engendre. Ainsi l’une de mes calligraphies, créée d’après « Chanson de la plus haute tour » d’Arthur Rimbaud, fait apparaître le visage « d’ange en exil » du jeune poète.

Jeter des ponts entre mes différentes techniques m’apparaît comme une nécessité. Je réunis alors mes différentes approches sous forme de polyptiques. Traiter le même sujet à la gouache, à l’encre et en calligraphie me permet de réfléchir sur la dématérialisation progressive de la réalité par l’œuvre d’art, de mettre en scène ce glissement de la nature vers la culture.

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