Parsifal, harmonie bleue
D’après le livret de l’opéra de Wagner
Amfortas !…
La blessure !… La blessure !…
Elle brûle en mon cœur…
O plainte ! plainte !
Terrible plainte !
Du plus profond de mon cœur, elle crie vers moi.
Oh !… Oh !…
Malheureux !…
Oh ! le plus misérable !…
La blessure, je la vois saigner…
Maintenant, elle saigne en moi, là, … là !
Non, non ! ce n’est pas la blessure :
que son sang s’épande à flots !
Ici ! ici au cœur l’incendie !
Le désir ardent, l’ardent et effréné désir,
qui saisit tous mes sens et les subjugue !
Oh ! tourment de l’amour !
Comme tout l’être frémit, tremble et tressaille
dans une convoitise coupable !…
Le regard se fixe morne sur le vase d’élection…
le sang divin s’embrase ;…
la joie céleste et douce de la rédemption,
frissonne largement à travers toutes les âmes :
seul ici, au cœur, le tourment ne veut céder.
La plainte du Sauveur, je la distingue,
la plainte, ah ! la plainte,
à cause du sanctuaire profané…
« Délivre-moi ! sauve-moi
des mains coupables ! »
Ainsi… retentit, formidable,
la plainte de Dieu en mon âme.
Et moi, le fou, le lâche !
J’ai fui pour courir à des aventures brutales et puériles.
Rédempteur ! Sauveur ! Seigneur des grâces !
Comment, moi pécheur, pourrais-je expier pareille coulpe ?